Association Eveil de Lille

Print

Cet article est le fruit de mon humble expérience. Un concentré de quelques petites années de vie de couple. Des années d'apprentissage et de découvertes, comme tous, mais renforcées par ce bain de culture dans lequel j'ai plongé. L'horizon presque inconnu, excitée à l'idée de ce qu'allait m'apporter cette aventure que j'ai décidé de vivre tout au long de ma vie. Un choix loin d'être anodin et sûrement pas inconscient. Je me retourne et observe ce que j'ai traversé. J'aperçois l'accalmie où je n'ai eu qu'à me laisser bercer et je vois aussi ces eaux troubles et agitées où j'ai dû m'accrocher. Je repère également ces téméraires et j'ai juste envie de les prévenir sur cette zone à éviter et l'autre à emprunter. L'océan est vaste...

Tolérance, tolérance, tolérance... :

C'est la qualité primordiale voire vitale que doit avoir le couple. Il n'est pas possible de concevoir un couple équilibré, et en particulier celui qui baigne dans deux cultures, quand la tolérance y fait défaut: la condition sine qua non pour la cohésion de celui-ci. Elle représente la colonne vertébrale qui procure force et maintien. Pas évident de savoir si cette qualité fait partie de notre répertoire. On peut avoir une vague idée sur nous-mêmes, mais ce n'est qu'en se confrontant 24h/24 et 7j/7 qu'on va se découvrir. Alors, tolérant ou pas ? La bonne surprise c'est que ça se travaille. Il suffit d'un peu de bonne volonté et de bonne foi saupoudrées d'amour et on laisse cuire patiemment à petit feu (Secret de grand-mères !). Orgueilleux s'abstenir.

« Chez nous comme ci... » « Chez vous comme ça... » ?! :

Stop ! Arrêtez de comparer à tout bout de champ, c'est agaçant. Il y a une réelle limite entre l'enrichissement mutuel et l'énervement mutuel ! J'ai ce sentiment qu'en employant le « chez nous »ou le « chez vous » il y a comme une sorte de mise à l'écart, de « non miscible ». J'ai ma culture, mon histoire, mes us et mes coutumes et il a les siennes. On met tout ça dans un grand sac et on pioche. On pioche et on garde ce qui nous semble bon. Le mauvais, l'inutile, l'inintéressant, on le met de côté. Mais on n'oublie pas. Parce que ça fait partie de notre histoire, ça nous a construits et ça a fait de nous ce qu'on est aujourd'hui. Et puis, c'est tellement valorisant pour l'autre de nous faire découvrir mille et une choses et de lui faire voir qu'à travers lui, on s'enrichit. Si on commence à comparer du genre c'est mieux chez nous, ça n'ira pas !
Personnellement, je trouve que c'est surtout ici que ça devient intéressant. Le couple prend de la valeur par son enrichissement et c'est justement grâce à cela qu'il va gagner en tolérance. Et plus on est tolérant, plus on apprend, plus on s'enrichit. C'est donc sans fin. Quel trésor, louanges à Dieu !

La barrière de la langue :

Parmi les plus grandes difficultés que l'on puisse rencontrer dans les couples mixtes est assurément la barrière de la langue. Ce que l'on croit être au départ qu'un simple détail peut vite s'avérer problématique si l'on n'y prend pas garde. Mais comment ? En évitant de parler constamment avec sa langue maternelle en présence de son époux (se). C'est une règle si simple mais tellement mise de coté. Et quand les circonstances nous obligent à parler notre langue (avec les parents, famille au pays etc), il faut prendre soin de temps en temps de traduire, ça fait partie des règles de politesse. C'est aussi une façon d'intégrer l'autre dans le noyau familial et lui permettre plus aisément de travailler sur ce terrain qu'est l'approche et le tissage de liens, et ce plus particulièrement au début de la relation. Etant donné l'effort que cet exercice demande, qui peut vite devenir fatiguant pour la personne traductrice, pourquoi ne pas se donner les moyens d'apprendre la langue maternelle de l'autre et pouvoir ainsi participer plus naturellement aux discussions ? Ce bonus ne manque pas d'intérêt puisque tout d'abord on apprend une langue, ce qui n'est pas rien. Ensuite cela nous permet d'approfondir les relations avec la belle-famille qui se sent honorée par cet effort d'apprentissage. Et pour finir, ça devient même amusant quand on arrive à aligner deux ou trois mots avec l'accent et tout ce qui va avec. Perso, je prends un malin plaisir à sortir de temps en temps des expressions pures marrakchia et de voir les réactions...

Oups, Youpiii c'est les vacances ! :

Qui dit vacances dit farniente, repos, balades et découvertes ? Dans l'idéal, oui. En tout cas, c'est ce qu'on attend de nos vacances. Sans oublier les visites, la famille et les grandes tablées à se raconter ce qu'on est devenu depuis la dernière fois... Les attentes ne manquent pas et pour que les vacances apaisent et rapprochent plus qu'elles ne divisent et déçoivent, la solution c'est une parfaite communication qui débouchera sur une entente et un accord. Où allons-nous partir ? Ton pays, le mien,... ? Quel genre de vacances veux-tu passer ? Comment concilier vacances en famille et vacances en couple ? Quel temps nous accorderons-nous, et de quelle manière ? etc...
La difficulté du couple mixte, comme des autres couples d'ailleurs, est de trouver un terrain d'entente et de vivre pleinement ses vacances surtout s'il fait le choix des concessions. C'est pourquoi le couple doit avoir une vision large et organisée de ses vacances, où l'on serait à la fois compréhensif et flexible. L'important est que chacun y trouve son compte.

Et les enfants ?

C'est une réelle chance pour les enfants de grandir et de vivre dans une mixité culturelle. Si les conditions d'éducation sont solides, cela accroît leur largesse d'esprit et leur tolérance. Doublement gratifié par un héritage culturel riche et tellement varié, baignant dans cette double culture qui vient titiller leur curiosité. Et si on ajoute à cela l'apprentissage des langues maternelles, c'est un vrai bonus.
La vie de couple est un défi au quotidien. Gérer une double culture au sein de celui-ci en est un encore plus grand. Le résultat en vaut la peine. On y apprend tellement ! Il ne doit jamais être source de conflits et d'amertume. Ne sommes-nous pas musulmans avant tout ? Et n'est-ce pas cela notre plus grande force ? Les traditions font partie de notre héritage et elles ont cette valeur de participer à notre histoire. Une histoire qui ne doit s'écrire que si elle plaît à Dieu, que Son nom soit exalté.

Que Dieu fasse de nos foyers des océans de bonheur... amine !